
Ce blog étant tout petit, je reçois peu de requêtes Googlesques. Celle-ci m'a pourtant interpellée : "Don d'ovocyte faut-il le dire ?"
Il va de soi que je n'ai pas la réponse universelle à cette interrogation, je ne donnerai donc que mon opinion, qui est la suivante : "oui, il faut absolument le dire". Je vais tâcher de vous expliquer pourquoi ma position est si tranchée.
Si l'on a eu recours à un don d'ovocytes, en premier lieu il me semble qu'il faut en informer les enfants issus du don et ce pour deux raisons à mon sens imparables :
Tout d'abord on ne sait pas de quoi demain sera fait, ni ce qui va nous arriver. Il me paraît indispensable de savoir que l'on a ou pas le même patrimoine génétique que nos parents. Un des enfants peut avoir besoin d'une greffe de rein, de moëlle, d'une transfusion sanguine... Il serait un peu rude d'apprendre à cette occasion que ses parents sont incompatibles physiquement.
D'autre part, je suis intimement convaincue que les enfants sentent énormément de choses, notamment quand leur arrivée dans la famille n'est pas "conventionnelle", comme c'est le cas pour un don d'ovocyte, une F.I.V., une adoption... Et que si l'on tait cette particularité, celle-ci deviendra tabou, dont la portée psychologique pourrait s'avérer plus dommageable à l'enfant que la vérité énoncée simplement.
A ces enfants il me paraît d'ailleurs indispensable de le dire dès la naissance, voire dès la grossesse, pour celles qui, comme moi, pensent que le foetus perçoit beaucoup de choses.
Le dire ensuite à son entourage proche : cela me semble indispensable si les enfants sont informés. Le dire avant le don peut en plus permettre de recevoir un soutien précieux lors des périodes de traitement et d'attente. Mais cela relève évidemment de la sensibilité de chacun, et de ses relations avec son entourage.
Voilà à mon avis les personnes à informer lorsqu'on a bénéficié d'un don.
En tant que donneuse, il me semble également important d'en parler à plusieurs personnes :
A ses enfants pour plusieurs raisons : d'abord le traitement inhibiteur puis stimulateur est difficile à masquer lorsque l'on vit avec quelqu'un : les injections quotidiennes laissent des traces sur la peau, et se ressentent dans l'humeur. Il est plus simple d'expliquer à son enfant que Maman est fatiguée parce qu'elle reçoit beauoup de médicaments, et d'en expliquer la raison, plutôt que d'éluder. Cela permet également d'expliquer les absences, si jamais le don a lieu loin de chez vous.
Ensuite, à qui en parler ? Au plus grand nombre de gens possible, bien sûr !
Il ne s'agit aucunement de se faire mousser, mais bien de porter à la connaissance du plus grand nombre un geste qui peut rendre tant de gens heureux...
Voilà mon avis sur la question, n'hésitez pas à laisser le vôtre en commentaire, ou à poser d'autres questions auxquelles je serais susceptible de répondre ;)